Selon l’APEC, les intentions de recrutements de cadres restent au plus bas

1 septembre 2026 Actualités

Le Baromètre Apec du 3e trimestre 2026 révèle que les intentions de recrutements de cadres restent au plus bas, faute d’une visibilité suffisante.

Intentions de recrutement de cadres au 3e trimestre 2026
Après un début d’année 2026 délicat, marqué par une contraction du PIB (-0,1 % au 1er trimestre), une légère embellie se dessine au printemps 2026. La croissance économique s’est réactivée (+0,2 % au 2e trimestre), grâce à la résistance de certains secteurs industriels et au regain des services marchands et du commerce extérieur. L’investissement des entreprises est, quant à lui, demeuré stable (+0,1 %). Toutefois d’ici la fin de l’année, les moteurs de croissance seraient, de nouveau, entravés (consommation, investissement, production industrielle). Seul, le commerce extérieur resterait bien orienté, porté par le dynamisme des exportations aéronautiques et navales. In fine, la croissance économique serait alors atone sur l’ensemble de l’année (+0,7 %). Dans le même temps, cette croissance se ferait sans emploi. Ainsi, l’emploi salarié du secteur privé baisserait légèrement d’ici fin 2026, une contraction qui concernerait l’ensemble des secteurs notamment industriels soucieux de restaurer leurs gains de productivité. Quant à l’embellie du marché de l’emploi cadre envisagée en début d’année 2 par l’Apec, elle se fait toujours attendre comme en témoigne les données du présent baromètre. 

Les entreprises toujours en panne de confiance
La crise énergétique engendrée par le conflit au Moyen-Orient est venue percuter l’économie française et a mis à rude épreuve sa résistance. Il en résulte une croissance faible et irrégulière avec des acteurs économiques plongés dans l’expectative, privilégiant les comportements de précaution : l’épargne pour les ménages et le report des dépenses d’investissement pour les entreprises. Ces dernières voient leur environnement de nouveau perturbé. Ainsi la part des entreprises capables d’anticiper leur niveau d’activité s’est contractée sur un an (56 % contre 63 % en juin 2025). Leur visibilité quant à l’évolution de leur carnet de commandes ne retrouve pas non plus de dynamique positive au 3e trimestre : 63 % des entreprises se déclarent confiantes à ce sujet, soit 8 points de moins qu’il y a un an. Cette détérioration de la confiance est particulièrement prégnante dans les TPE et les PME, bien moins armées que les grandes entreprises pour amortir ce nouveau choc. 

Des intentions de recrutement de cadres au plus bas
Ce climat d’incertitude et d’attentisme pèse sur les intentions de recrutement des entreprises : en moyenne toutes tailles confondues seulement 7 % d’entre elles envisagent d’embaucher au moins un cadre au cours du 3e trimestre 2026, soit l’étiage le plus bas observé ces dernières années.
Si toutes les entreprises sont concernées par cette contraction des intentions de recrutement sur un an, ce sont les ETI et les grandes entreprises qui seraient les plus enclines à réduire la voilure : 42 % d’entre elles prévoient de recruter au moins un cadre au 3e trimestre 2026 contre 45 %, un an auparavant.
C’est le niveau le plus bas jamais enregistré depuis que la mesure existe (2020).
Au niveau des secteurs d’activité, toutes tailles d’entreprise confondues, c’est dans les services à forte valeur ajoutée que les intentions de recrutement reculent le plus (10 %, -4 points sur un an) alors que l’industrie est à contre-courant (11 %, + 2 pts), en lien avec le dynamisme qui perdure dans certaines activités industrielles (aéronautique, construction navale…). 

Recrutements difficiles
Seulement 61 % des entreprises ayant un projet de recrutement de cadre estiment qu’elles seront confrontées à des difficultés d’embauche ce trimestre. C’est le plus bas niveau observé sur les cinq dernières années.
Pour autant, les tensions n’ont pas disparu, en particulier dans les familles de métier cadre à forte dimension technique. Certains profils et certaines compétences restent toujours aussi ardus à trouver, notamment dans les bassins d’emplois éloignés de l’aire d’influence des grandes métropoles urbaines.

Mobilité des cadres au 3e trimestre 2026
Une très large majorité de cadres en emploi (75 %, +2 pts sur un an) se déclarent toujours préoccupés par la situation économique hexagonale. Mais ce sentiment d’inquiétude n’est pas réservé au contexte national et concerne également leur situation personnelle. Une part croissante de cadres (28 %, +5 points sur un an et proportion la plus élevée depuis que la mesure existe) se sentent directement menacés par un risque de licenciement. Cette crainte pour la pérennité de leur poste est particulièrement prégnante et en progression parmi les jeunes cadres de moins de 35 ans (38 % soit +10 pts en un an). Et ce sentiment progresse parmi les cadres de toutes les tailles d’entreprise, de la TPE aux grandes structures.

Un moment de marché jugé moins propice à la prise de risque
La moitié des cadres (48 %, +2 pts) considèrent que changer d’entreprise équivaut à prendre un risque qu’ils ne sont pas prêts à courir. D’autant plus que retrouver un emploi équivalent semble difficile pour 58 % des cadres (1 point de plus qu’il y a un an et 7 points de plus qu’il y a deux ans), notamment pour ceux en poste dans une grande entreprise moins perméable aux aléas conjoncturels et aux conditions d’emploi souvent plus favorables en termes de salaires et d’évolution professionnelle. Dans le même temps, les sollicitations spontanées des cabinets de recrutement se font moins fréquentes ces dernières années (28 %, versus 30% en juin 2024), alimentant le sentiment d’un moment de marché moins propice à la mobilité. 

Des intentions de mobilité des cadres qui reculent pour le court terme, mais se maintiennent pour le moyen terme
Dans un environnement économique toujours compliqué et une instabilité chronique qui perdure depuis deux ans, les intentions de mobilité externe à court terme reculent. 13 % des cadres se projettent dans un changement d’entreprise à horizon de trois mois, contre 15% un an plus tôt. A horizon de 12 mois, en revanche, les intentions de mobilité externe résistent, mais ne progressent pas (38 %, -1 pt par rapport à juin 2025). Les jeunes cadres (moins de 35 ans), comme de coutume, sont les plus concernés par ces velléités de changement d’entreprise (56 %).

Méthodologie
Cette étude a été réalisée par la direction Données et études (DDE) de l’Apec. Elle repose sur deux enquêtes menées du 2 au 17 juin 2026 :
◼ Une enquête en ligne auprès d’un échantillon de 2 000 cadres, structuré pour être représentatif des cadres du secteur privé en et hors emploi, en matière de sexe, d’âge, de secteur d’activité, de taille d’entreprise et de région.
◼ Une enquête téléphonique auprès d’un échantillon de 1 000 entreprises (uniques et sièges) employant au moins un cadre, raisonné puis pondéré pour être représentatif des entreprises du secteur privé employant au moins un cadre en matière de secteur d’activité, de taille salariale (TPE, PME, ETI-GE) et de région d’implantation du siège.