Salaires : seuls 5 % des décideurs RH estiment que leurs employés sont totalement payés à leur juste valeur

16 juin 2026 Actualités

Pour une juste rémunération, 67 % des décideurs RH pensent qu’il manque un complément aux salariés, et 42 % l’évaluent à au moins 250 euros nets par mois

Transparence salariale : 69 % des décideurs RH anticipent des tensions dans leur entreprise
À l’heure où la transparence salariale s’impose progressivement comme un nouvel impératif RH, les directions ont-elles vraiment les données, les critères et les outils nécessaires pour objectiver la juste rémunération ?

L’agence HOW MUCH a mené l’enquête auprès de 1 872 décideurs RH (DRH, responsables RH, responsables rémunération, dirigeants, managers ayant une responsabilité salariale) afin de comprendre comment les entreprises évaluent aujourd’hui la justice salariale, les écarts de rémunération, le poids de la reconnaissance et les risques liés à la transparence.

« La rémunération juste n’est plus seulement une question de budget ou d’augmentation annuelle. C’est devenu un sujet de preuves, de données et de confiance. Les entreprises veulent être plus équitables, mais beaucoup manquent encore d’outils pour comparer objectivement les salaires, expliquer les écarts et relier la rémunération à la contribution réelle de chacun. Avec la montée de la transparence salariale, les organisations qui ne sauront pas justifier leurs décisions risquent de voir apparaître de la défiance, des tensions internes et un sentiment d’injustice durable. »

Sandrine Dorbes – Conférencière – Experte en stratégie de rémunération – Créatrice de « HOW MUCH »

Oui, mais…
La rémunération reste un sujet délicat mais la notion de juste valeur salariale est encore plus difficile à objectiver pour les entreprises.
Seuls 5 % des décideurs RH et dirigeants estiment que leurs salariés sont totalement payés à leur juste valeur. Si 26 % répondent « plutôt oui », près d’un décideur sur deux nuance son jugement en évoquant la charge de travail, le coût de la vie, les écarts entre métiers ou le poids de la négociation individuelle.

Aujourd’hui, avez-vous le sentiment que les salarié(e)s de votre entreprise sont payé(e)s à leur juste valeur ?
RéponsesPourcentages
Oui, totalement5 %
Plutôt oui26 %
Plutôt non8 %
Non, pas du tout2 %
Oui sur le papier, mais pas toujours au regard de leur charge de travail13 %
Oui sur le papier, mais pas toujours au regard du coût de la vie14 %
Cela dépend fortement des métiers ou des services18 %
Cela dépend surtout du niveau de négociation de chaque salarié(e)5 %
Nous manquons de données fiables pour l’évaluer précisément7 %
Je préfère ne pas répondre2 %

C’est combien la « juste valeur » ?  
Pour les décideurs RH, le sentiment de juste rémunération ne se résume pas à une simple revalorisation symbolique. 67 % considèrent qu’il manquerait un complément mensuel aux salariés pour qu’ils se sentent réellement payés à leur juste valeur, et 42 % évaluent cet écart à au moins 250 euros nets par mois. Mais pour certains, le sujet n’est pas uniquement financier. En effet, 11 % estiment que le problème relève d’abord de la reconnaissance.

Selon vous, combien manquerait-il en moyenne chaque mois à vos salarié(e)s pour qu’ils ou elles se sentent réellement payé(e)s à leur juste valeur ?
RéponsesPourcentages
0 €, nos salarié(e)s sont déjà payé(e)s à leur juste valeur7 %
Moins de 100 € nets par mois8 %
Entre 100 € et 249 € nets par mois17 %
Entre 250 € et 499 € nets par mois24 %
Entre 500 € et 999 € nets par mois14 %
Entre 1 000 € et 1 999 € nets par mois3 %
2 000 € nets ou plus par mois1 %
Ce n’est pas principalement une question d’argent, mais de reconnaissance11 %
Il est impossible de répondre, car les situations sont trop différentes10 %
Je ne sais pas4 %
Je préfère ne pas répondre1 %

Un équilibre entre chiffres, transparence et reconnaissance
Le sentiment de ne pas être payé à sa juste valeur ne dépend pas seulement du montant du salaire. Il naît aussi d’un décalage entre la rémunération et la réalité du travail. Le coût de la vie est cité comme le premier facteur par 21 % des RH, juste devant la charge de travail réelle à 18 % et les responsabilités accrues à 17 %.

Selon vous, quelle est la principale raison pour laquelle certain(e)s salarié(e)s peuvent avoir le sentiment de ne pas être payé(e)s à leur juste valeur ?
RéponsesPourcentages
Leur salaire ne suit pas assez l’inflation ni le coût de la vie21 %
Leur charge de travail réelle dépasse ce qui est prévu dans leur poste18 %
Leurs responsabilités ont augmenté plus vite que leur rémunération17 %
Des écarts de salaire existent entre des personnes aux postes comparables12 %
L’entreprise n’a pas toujours les moyens de rémunérer au niveau souhaité10 %
Certains métiers utiles à l’entreprise restent historiquement sous-valorisés8 %
Les salarié(e)s manquent d’informations pour savoir ce qu’ils ou elles valent vraiment5 %
Les salarié(e)s les plus à l’aise en négociation obtiennent de meilleurs salaires3 %
Le sujet vient surtout d’un manque de reconnaissance managériale2 %
Nous ne rencontrons pas ce problème2 %
Autre situation1 %
Je préfère ne pas répondre1 %


Quelles réactions face à un sentiment d’injustice ?
La transparence salariale peut être un test de confiance pour les entreprises. Si un salarié découvrait qu’un collègue au même poste gagne 20 % de plus, seuls 3 % des décideurs RH pensent qu’il trouverait cet écart normal s’il est justifié.
À l’inverse, la majorité anticipe une réaction plus tranchée : demande d’augmentation à 28 %, demande d’explications à 19 %, perte de confiance dans l’entreprise à 17 %, ou recherche d’un autre emploi à 15 %.

Si demain un(e) salarié(e) découvrait qu’un(e) collègue au même poste gagne 20 % de plus, quelle réaction vous semblerait la plus probable ?
RéponsesPourcentages
Il ou elle demanderait immédiatement une augmentation28 %
Il ou elle demanderait des explications, mais sans forcément agir19 %
Il ou elle perdrait confiance dans l’entreprise17 %
Il ou elle chercherait rapidement un autre emploi15 %
Il ou elle réduirait son niveau d’engagement9 %
Cela créerait un risque social ou managérial important4 %
Il ou elle trouverait cela normal si l’écart est justifié par l’expérience ou la performance3 %
Il ou elle penserait surtout avoir mal négocié son salaire1 %
Il ou elle préférerait ne pas connaître ce type d’information1 %
Cela ne changerait probablement rien1 %
Je ne sais pas1 %
Je préfère ne pas répondre1 %


Oui les écarts entre rémunération et contribution existent !
La rémunération juste reste un défi d’objectivation pour les entreprises. En effet, 75 % des décideurs RH reconnaissent l’existence d’écarts entre rémunération et contribution réelle, ou la difficulté à les mesurer précisément. Plus révélateur encore : seuls 14 % estiment que leur politique salariale reflète suffisamment bien la contribution des salariés ou limite efficacement ces écarts.

Existe-t-il, selon vous, dans votre entreprise, des écarts importants entre la rémunération de certain(e)s salarié(e)s et leur contribution réelle, au regard de critères objectifs comme les compétences, les responsabilités, la performance ou les conditions de travail ?
RéponsesPourcentages
Oui, certains salarié(e)s apportent beaucoup plus de valeur qu’ils ou elles ne sont rémunéré(e)s10 %
Oui, certains salarié(e)s semblent sous-rémunéré(e)s au regard de leur contribution réelle13 %
Oui, certains salarié(e)s semblent au contraire sur-rémunéré(e)s au regard de leur contribution réelle4 %
Oui, il existe à la fois des situations de sous-rémunération et de sur-rémunération16 %
Oui, mais ces écarts sont difficiles à mesurer objectivement19 %
Oui, mais ces écarts s’expliquent principalement par l’ancienneté, l’historique des recrutements ou les négociations individuelles13 %
Non, les rémunérations reflètent globalement bien la contribution des salarié(e)s9 %
Non, notre politique salariale repose sur des critères suffisamment structurés pour limiter ces écarts5 %
Je ne sais pas, car nous manquons de données fiables pour l’évaluer9 %
Je préfère ne pas répondre2 %


Une transparence salariale risquée ?
La transparence salariale ne cesse de faire parler d’elle. Beaucoup de professionnels pensent qu’elle peut même devenir un révélateur des fragilités internes. En effet, 69 % des décideurs RH et dirigeants anticiperaient des tensions dans leur entreprise, notamment en raison des comparaisons entre salariés, citées par 18 %, du risque de jalousie ou de sentiment d’injustice, à 15 %, de la difficulté à expliquer certains écarts de rémunération, à 11 %, du manque de préparation de certains managers, à 9 %, et d’une politique de rémunération pas encore assez structurée, à 8 %. Mais le sujet n’est pas seulement conflictuel : 16 % estiment qu’une transparence bien accompagnée pourrait éviter les tensions ou renforcer la confiance.

La transparence salariale risque-t-elle, selon vous, de provoquer des tensions au sein de votre entreprise ?
RéponsesPourcentages
Oui, très fortement, car certains écarts de rémunération seraient difficiles à expliquer11 %
Oui, car beaucoup de salarié(e)s pourraient se comparer aux autres18 %
Oui, car cela pourrait créer de la jalousie ou un sentiment d’injustice15 %
Oui, car certains managers ne seraient pas prêts à justifier les écarts de salaire9 %
Oui, car notre politique de rémunération n’est pas encore assez structurée8 %
Oui, mais ces tensions seraient nécessaires pour rendre les salaires plus justes8 %
Non, si la transparence est accompagnée d’explications claires et de critères objectifs11 %
Non, car notre entreprise est déjà capable de justifier ses écarts de rémunération5 %
Non, au contraire, cela pourrait renforcer la confiance des salarié(e)s5 %
Nous ne savons pas encore, car le sujet n’a pas été suffisamment anticipé7 %
Je ne sais pas2 %
Je préfère ne pas répondre1 %


Une politique salariale rarement aboutie
Seuls 6 % des décideurs RH estiment disposer d’une politique claire, structurée et équitable. La plupart reconnaissent au contraire composer avec des contraintes fortes : fidéliser sans toujours pouvoir suivre (16 %), recruter sans toujours motiver (12 %), arbitrer selon les budgets (14 %), subir le marché (10 %), corriger des écarts historiques (9 %) ou manquer d’outils pour objectiver la juste rémunération (15 %).

Quelle phrase correspond le mieux à la politique de rémunération actuelle de votre entreprise ?
RéponsesPourcentages
Nous payons correctement, mais pas toujours assez pour fidéliser16 %
Nous voulons être plus justes, mais nous manquons d’outils et de données15 %
Nous payons selon les budgets disponibles, plus que selon la valeur réelle des postes14 %
Nous payons assez pour recruter, mais pas toujours assez pour motiver12 %
Nous payons selon le marché, mais le marché lui-même est parfois injuste10 %
Nous avons des écarts historiques que nous n’avons pas encore corrigés9 %
Nous valorisons mieux les postes visibles que les postes essentiels mais moins exposés8 %
Nous avons une politique salariale claire, structurée et équitable6 %
Nous craignons que plus de transparence salariale crée plus de problèmes que de solutions4 %
Nous pensons que la rémunération ne suffit pas à définir la reconnaissance4 %
Je ne sais pas1 %
Je préfère ne pas répondre1 %

*Méthodologie : étude réalisée du 3 au 10 juin 2026 auprès d’un échantillon de 1 872 répondants exerçant une fonction impliquant une responsabilité directe ou indirecte en matière de rémunération : DRH, responsables RH, responsables rémunération, dirigeants d’entreprise et managers participant aux décisions salariales.

L’enquête a été administrée en ligne, selon la méthode CAWI, à partir du panel BuzzPress France, composé de 27 700 panélistes. Les répondants ont été préalablement qualifiés afin de s’assurer qu’ils exerçaient bien une fonction de décision, de recommandation ou d’influence sur les sujets de rémunération, de politique salariale, d’augmentation, de recrutement ou de management d’équipe.

L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, avec un contrôle sur les principales variables de structuration de la cible interrogée : fonction exercée, niveau de responsabilité salariale, taille d’entreprise, secteur d’activité, région, sexe et âge.

Les résultats ont été pondérés afin de renforcer la cohérence de l’échantillon avec la population professionnelle visée. Les redressements ont été effectués à partir de données administratives disponibles, de données de référence INSEE et de la structure observée du panel qualifié sur les critères suivants : fonction, taille d’entreprise, secteur d’activité, région, sexe et âge.