Les Français face à leur salaire

19 août 2026 Actualités

Seuls 19 % des Français savent précisément quel montant demander pour un salaire
Uniquement 5 % des actifs connaissent le coût réel de leur poste pour leur employeur
Un Français sur trois s’appuie désormais sur Internet ou une IA pour négocier ou fixer sa demande

Pendant les vacances, les Français ont réfléchi à leur fiche de paye. Mais en matière de salaire et d’augmentation, savent-ils dire combien ? Sur quoi se fondent-ils vraiment pour poser un chiffre : leurs résultats, une offre entrevue, une IA… ou le simple « feeling » ? Cet été, beaucoup ont comparé, actualisé leur CV, parfois postulé ailleurs. Alors, une fois le bronzage estompé, que vont-ils réellement oser en septembre ?

L’agence How Much a mené l’enquête auprès de 4 127 personnes afin de comprendre comment les Français fixent, gonflent — ou abandonnent — le montant du salaire qu’ils comptent réclamer.

« On a fait de l’augmentation un tabou binaire : on ose ou on n’ose pas. Mais la vraie question n’est pas « voulez-vous plus ? », c’est « combien, et pourquoi ce montant-là ? ». Notre enquête montre que des millions d’actifs butent précisément là : 37 % renoncent parce qu’ils ne savent pas quel chiffre poser, et à peine 5 % savent ce qu’ils coûtent réellement à leur employeur. Et si les Français n’étaient pas assez outillés pour bien négocier leur salaire ? »
Sandrine Dorbes – Conférencière – Experte en stratégie de rémunération – Créatrice de « HOW MUCH »

Augmentation : à peine 1 actif sur 5 chiffre précisément sa demande
Seuls 19 % des Français ont déjà évalué précisément une demande de salaire (11 % en euros, 8 % en pourcentage). De ce fait, une majorité (46 %) se contente de réclamer une augmentation au doigt mouillé. Dans le détail, 16 % ont une fourchette approximative, 13 % ne savent pas donner un chiffre, et 17 % n’expriment aucun montant.

Pour négocier leur salaire, les Français misent sur leur mérite et l’IA
Afin de se fixer un montant, 67 % des actifs s’appuient d’abord sur leurs propres résultats, en analysant les offres d’emploi (43 %) et en se basant sur l’inflation (41 %).
Mais en 2026, 33 % des Français consultent désormais Internet ou une intelligence artificielle pour chiffrer leur demande, tandis que 17 % avouent y aller « au feeling ».

Salaire : 51 % des Français bluffent
Lors d’un entretien d’embauche, 1 Français sur 2 demande plus que ce qu’il espère vraiment obtenir, dont 15 % « nettement plus » pour se garder de la marge.
À l’opposé, la timidité française est également bien présente puisque 8 % demandent même moins pour ne pas paraître excessifs, et 12 % avouent ne pas savoir comment s’y prendre.

A peine 5 % des Français savent combien ils coûtent à leur patron
Cette enquête met en lumière un fait assez surprenant : la plupart des Français semblent négocient leur salaire sans connaître leur véritable valeur pour l’entreprise.
Ainsi, seuls 5 % des actifs connaissent vraiment le coût total employeur de leur poste, quand un tiers (31 %) n’en a « aucune idée » et que 3 % ignoraient même l’existence d’un tel écart.

En vacances, les Français bronzent… et cherchent un autre job
Loin de couper complètement avec leur travail, 16 % des actifs déclarent avoir consulté des offres d’emploi pendant leurs congés.
14 % ont actualisé leur CV, 13 % ont carrément postulé à une offre d’emploi et 2 % ont même passé un entretien entre deux plages.

8 Français sur 10 renoncent à une augmentation avant même d’avoir essayé
À peine 15 % des actifs ont toujours osé demander : les autres se sont autocensurés, par crainte d’un refus (39 %), par peur de déplaire à leur manager (35 %) et surtout, pour 37 %, faute de savoir quel montant réclamer.
Les Français renoncent donc en silence, faute d’oser et de savoir clairement chiffrer.

Augmentation de rentrée : les Français attendent le bon moment qui ne vient jamais
Bien reposés et préparés, seuls 7 % oseront demander une augmentation de salaire dès la première semaine de septembre.
Les autres temporisent largement : 21 % guettent une « occasion favorable » sans date en tête et 9 % attendent que l’employeur en parle le premier. C’est le piège de la procrastination salariale car sans objectif daté, 17 % renoncent purement et simplement.

* Méthodologie : Enquête réalisée en ligne (CAWI) du 24 juillet au 3 août 2026 auprès d’un échantillon de 4 128 Français actifs français. Les participants ont été recrutés et sollicités via le panel BuzzPress en France (27 700 personnes), par invitations électroniques (email) et via des canaux d’invitation sur Facebook et LinkedIn. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas afin de refléter la structure de la population visée. Les résultats ont ensuite fait l’objet d’un redressement (pondération / calage sur marges) sur des variables socio-démographiques de référence (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, région), à partir des sources administratives et des données de l’INSEE. Des contrôles qualité ont été appliqués (unicité des répondants, exclusion des questionnaires incomplets ou incohérents). Données traitées conformément au RGPD.