Cadremploi a interrogé 3 chasseurs de têtes qui livrent leurs premières réflexions sur l’état du marché du recrutement en période de pandémie.


Antoine Morgaut (Robert Walters et président de Syntec Recrutement) constate une chute des offres d’emploi de plutôt -70% mais qui devrait repasser à -30% en juin. Il ne croit pas à une reprise en V mais plutôt à une lente remontée des offres. « Dans un premier temps, grâce au tiers de recruteurs "opportunistes" qui profitent de la crise sanitaire pour recruter, puis d'un autre tiers de recruteurs "attentistes" qui devraient repasser à l'action »

De son côté Marlène Ribeiro (Directrice executive Michael Page) constate des annulations et des suspension chez ses clients. « Personne ne sait s’ils vont reprendre en juin/juillet ou si les entreprises vont faire l’économie de ces postes » Par ailleurs, elle constate que les gros postes stratégiques, eux, n’ont pas été suspendus.

Laurent Da Silva, vice-président de l’Apec et membre du board du groupe Adecco (Spring, Badenoch+Clark) constate que la chute du volume des offres d'emploi cadres a été très forte dès le début du confinement. « Mais les grands groupes l’ont amorti car la baisse des offres est environ de 20% pour cette catégorie d’entreprises.  Tandis que dans les ETI/PME/TPE, la chute du volume d’offres tourne autour de 60 à 70% » Il pense que sans véritable retour au travail, le contexte va rester difficile. « Néanmoins, comme toujours dans les crises, nous constatons que des entreprises tirent leur épingle du jeu. Les postes qui étaient pénuriques avant la crise le resteront. Et je suis convaincu que les recruteurs vont continuer à avoir des difficultés à recruter ces profils, d’autant plus que les cadres risquent d’être frileux à l’idée de changer de poste. Le cœur raisonne toujours comme avant la crise (ils ont envie de changer) mais la raison leur dicte d’être prudent»