2020 : une mauvaise année pour le recrutement de cadres.


L’année 2019 a été faste pour l’emploi des cadres mais malheureusement il n’en sera pas de même en 2020. Une enquête réalisée en septembre par l’Apec auprès des employeurs confirme cette tendance. 


Alors que 2019 s’était achevée sur un record historique avec 281.300 recrutements de cadres, 2020 devrait voir la tendance s’inverser avec une chute historique puisque seuls 170.000 emplois de cadres devraient être pourvus, dont 40.000 pour les seuls derniers mois de l’année. 

« La crise que nous vivons a plongé l’économie dans une profonde récession. La période de confinement a mis à l’arrêt des secteurs entiers de l’économie et a stoppé les investissements. Les TPE-PME ont été touchées plus intensément que les autres », note Gilles Gateau, directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres. D’ailleurs, ce dernier souligne que « A ce niveau, on revient à ce qui a été observé à la fin des années 1990 ».


Un vrai creux

Même les crises précédentes  n’ont pas eu de conséquences aussi radicales sur l’emploi des cadres, avec une baisse -25% des recrutements lors de l’explosion de la bulle Internet de 2000-2003, -28% sur un an pour la crise des subprimes de 2008-2009, -10% à l’occasion de la crise de la dette de 2012-2013 et  –44 % avec la première guerre du Golfe mais sur les quatre exercices suivants. 

C’est entre janvier et septembre que les offres d’emploi de cadres recensées sur le site de l’Apec ont chuté (-33% par rapport à 2019) avec un effondrement de - 62% durant les mois du confinement. 

Côté entreprise, si les grands groupes planifient en moyenne un recrutement en cette fin d’année, les intentions d’embauches diminuent dans les PME et TPE puisque seules 15% des premières et 5% des secondes envisagent un recrutement de cadre. 

Sur les 40.000 embauches attendues dans les derniers mois de 2020, 17% des entreprises de services « à forte valeur ajoutée » prévoient de recruter, suivies des entreprises industrielles (8%), de la construction (7%) et du commerce (4%). Les profils les plus recherchés restent les commerciaux (31%), les informaticiens (25%) et les fonctions R&D (21%). 

C’est en Ile-de-France que les cadres ont le plus de mal à trouver un travail, en grande partie du fait de la prépondérance de sièges sociaux, tandis que la situation est un peu moins sinistrée en Normandie ou en Centre-Val de Loire. 


Difficultés à recruter

Concernant les difficultés de recrutement :  «Ce serait une erreur de croire que la baisse des embauches, et donc la hausse du nombre de cadres disponibles, ont fait disparaître le problème », affirme le DG de l’Apec. En effet, certaines qualifications rares sont toujours en pénurie et d’autre part, une entreprise à la recherche d’un profil rare aura encore plus de mal à la débaucher ailleurs. La tendance très majoritaire est à la sécurité de l’emploi, même si nombre de cadres envisagent sérieusement de changer d’environnement ou de prendre les devants parce qu’ils craignent pour leur poste. 

Le marché rebondira mais personne ne peut prédire précisément quand. Mais même en ce moment,  les tensions sur le marché de l’emploi continue : 60 % des entreprises de services à forte valeur ajoutée qui vont embaucher au moins un cadre sur le quatrième trimestre pensent y être confrontées. Dans la construction et l’industrie, les pourcentages grimpent respectivement à 66 % et 70 %. La guerre des talents n’est donc pas terminée.