Recrutement de cadres : l’analyse de l’APEC

5 février 2026 Actualités

En 2025, la dynamique des embauches de cadres a continué à fléchir et les difficultés de recrutement se sont maintenues.
Malgré les incertitudes budgétaires et les tensions géopolitiques persistantes, l’activité économique française a tenu le cap en 2025 (+0,9 % après +1,1 % en 2024).
La reprise qui s’est dessinée au 3e trimestre a clairement contribué à maintenir la croissance dans le vert. Elle a été soutenue par le rebond de l’investissement des entreprises non financières (+0,8 % par rapport au trimestre précédent), qui déclinait depuis 2 ans.
Cette légère embellie conjoncturelle n’a toutefois pas relancé les embauches de cadres.
La contraction du marché de l’emploi cadres observée en 2024 s’est même poursuivie au cours de l’année 2025.
Au 4 e trimestre, 8 % des entreprises ont embauché au moins un cadre, soit 2 points de moins qu’au 4e trimestre 2024.
Cette proportion n’a jamais été aussi basse depuis le début de la mesure en décembre 2020.
La baisse a été tirée par les TPE (2 % ; -5 pts).
Dans les grandes structures, l’année s’achève également sur un faible niveau de recrutements de cadres, malgré une légère amélioration par rapport au 4 e trimestre 2024 (54 % ; +2 pts). 

Malgré le ralentissement du marché en 2024 et en 2025, des difficultés structurelles à recruter persistent sur les métiers cadres.
Parmi les entreprises ayant tenté d’embaucher des cadres en 2025, 47 % jugent qu’il a été difficile de le faire.
Les tensions sont toutefois moins aiguës qu’elles ne l’étaient en 2022 (58 %) et en 2021 (60 %) dans un contexte de reprise des recrutements post crise sanitaire.
À l’aube de 2026, la confiance se redresse et les intentions de recrutement remontent légèrement dans les grandes structures
Le début de l’année 2026 s’annonce sous de meilleurs auspices.
Le moral des entreprises, qui était enlisé depuis la dissolution de l’Assemblée nationale mi-2024, s’est en grande partie restauré.
Le climat des affaires s’est éclairci tout au long du 4 e trimestre 2025 retrouvant, en décembre, un niveau (99) proche de sa moyenne de longue période (100).
Dans l’industrie, il est même repassé au-dessus (102)
Ce regain d’optimisme devrait favoriser les investissements (+0,4 % prévu au 4 e trimestre 2025, +0,3 % au 1 er trimestre 2026 et +0,4 % au 2e trimestre 2026), et susciter des besoins en compétences cadres.
Ces signes positifs se concrétisent dans les intentions d’embauche des grandes structures.
Elles remontent pour le 1er trimestre 2026 (+3 pts par rapport à décembre 2024), après avoir baissé de trimestre en trimestre depuis mi-2024.
Ce coup d’arrêt à la tendance baissière dans les grandes structures constitue un bon présage, même si les recruteurs font encore preuve de prudence, et que la tendance ne se vérifie pas à stade pour les TPE.
Une reprise des recrutements de cadres en 2026 pourrait raviver la concurrence entre employeurs et accroître les difficultés de recrutement, comme ce fut le cas en 2021 et en 2022

Le moral des cadres, qui avait fortement flanché fin 2024, n’a montré aucun signe d’amélioration en 2025.
Tout au long de l’année, les indicateurs de confiance se sont maintenus à des niveaux historiquement bas, comparables à ceux relevés en septembre et décembre 2020, en plein cœur de la crise sanitaire. Ainsi, en décembre 2025, seuls 22 % des cadres se disent optimistes quant à la situation économique de la France, un score qui n’a pas retrouvé de couleurs depuis sa chute en décembre 2024.
La confiance dans la solidité économique de leur entreprise (68 %) reste également inférieure aux niveaux constatés en 2024 et alimente les craintes des cadres pour la pérennité de leur emploi.
La période actuelle est jugée peu favorable côté candidats
Le regard des cadres sur les opportunités du marché de l’emploi s’en trouve terni.
En décembre 2025, 42 % des cadres estiment qu’il leur serait facile de trouver un emploi équivalent au leur s’ils devaient changer d’entreprise ou perdre leur emploi, soit 3 points de moins qu’en décembre 2024.
Pour les jeunes diplômés d’un Bac+5, les conséquences sont bien visibles : l’insertion professionnelle ralentit à nouveau. En juin 2025, soit environ 12 mois après la remise de leur diplôme, 70 % de la promotion 2024 occupe un emploi salarié en France (cadre ou non cadre), soit 2 points de moins que la promotion précédente qui avait elle aussi connu une baisse de même ampleur.
Pour le moyen terme, les intentions de mobilité externes progressent
La part de cadres prévoyant d’effectuer des démarches pour changer d’entreprise dans les trois mois reste relativement stable (14 % ; +1 pt par rapport à décembre 2024).
Pour le moyen terme en revanche, leurs intentions de mobilité progressent franchement : 40 % des cadres prévoient de changer d’entreprise dans les 12 mois (+3 pts). Les cadres de moins de 35 ans sont particulièrement nombreux à l’envisager d’ici fin 2026 (61 % ; +9 pts). De tels niveaux n’avaient pas été atteint depuis décembre 2021, à la sortie de crise sanitaire. Si à court terme les cadres jugent le marché de l’emploi peu propice aux évolutions professionnelles, ils sont de plus en plus nombreux à se projeter dans un changement d’entreprise à moyen terme, dans l’attente du moment opportun.

Méthodologie
Cette étude a été réalisée par la direction Données et études (DDE) de l’Apec. Elle repose sur deux enquêtes menées du 1 er au 12 décembre 2025 :
◼ Une enquête en ligne auprès d’un échantillon de 2 000 cadres, structuré pour être représentatif des cadres du secteur privé en et hors emploi, en matière de sexe, d’âge, de secteur d’activité, de taille d’entreprise et de région.
◼ Une enquête téléphonique auprès d’un échantillon de 1 000 entreprises (uniques et sièges) employant au moins un cadre, raisonné puis pondéré pour être représentatif des entreprises du secteur privé employant au moins un cadre en matière de secteur d’activité, de taille salariale et de région d’implantation du siège.