Robert Walters enregistre une baisse de 14 % au T4 et anticipe un recul en 2026

25 janvier 2026 Actualités

Robert Walters, cabinet de recrutement international basé au Royaume‑Uni, a annoncé une baisse de 14 % de son revenu net d’honoraires au quatrième trimestre 2025, à taux de change constants.
Malgré ce recul, l’entreprise souligne que la performance reste globalement stable par rapport aux trois premiers trimestres, même si les écarts entre régions se creusent.
Le directeur général, Toby Fowlston, explique que les tendances observées au T4 prolongent celles du T3. Il met en avant une reprise plus solide dans plusieurs marchés clés — notamment le Royaume‑Uni, l’Espagne et l’Australie/Nouvelle‑Zélande — tandis que d’autres zones restent sous pression.

Une Europe en difficulté, avec la France en première ligne
La région Europe affiche une baisse marquée de 23 % du revenu net dans le recrutement spécialisé.
Et la France ressort comme l’un des marchés les plus affectés, avec un recul de 27 %.
Selon le groupe, l’environnement français reste plombé par une incertitude politique persistante, qui freine les décisions d’embauche et ralentit les cycles de recrutement. Les entreprises françaises adoptent une posture attentiste, ce qui pèse sur les volumes de missions, en particulier dans les recrutements permanents.

Cette prudence généralisée s’ajoute à un contexte réglementaire mouvant dans plusieurs pays voisins, notamment les Pays‑Bas, où les évolutions législatives créent des turbulences à court terme. La France, la Belgique et l’Allemagne forment ainsi un bloc de marchés où les conditions restent difficiles, même si le groupe note une stabilisation séquentielle au T4 (c’est‑à‑dire que la situation ne s’est pas encore améliorée, mais ne s’est pas aggravée davantage).

Contraste avec d’autres marchés européens
Alors que la France recule nettement, l’Espagne se distingue avec une progression de 10 %, soutenue par des actions de management visant à appliquer plus strictement le modèle opérationnel du groupe. Cette divergence illustre la fragmentation du marché européen : certains pays amorcent une reprise, tandis que d’autres restent englués dans un climat d’incertitude.

Autres points clés du groupe
Le revenu net par consultant progresse de 3 % sur un an, grâce à un mix plus favorable et à des tarifs stables.
Les placements permanents par consultant augmentent de 2 %, tirés par le Royaume‑Uni et l’Europe du
Sud.
Le groupe ferme ses opérations au Canada, jugées marginales.
Les effectifs totaux reculent de 12 % sur un an, reflet d’une gestion prudente des coûts.

Les activités de conseil en talents en début de carrière doublent leur revenu annuel.

Perspectives : prudence pour 2026
Robert Walters prépare activement 2026, dans un contexte où les marchés du recrutement montrent des
signes de reprise mais restent fragiles. Le groupe anticipe que son revenu net 2026 sera légèrement inférieur à celui de 2025, faute de visibilité sur la vitesse de redémarrage des embauches à l’échelle mondiale.

L’entreprise mise sur :
une réduction supplémentaire de sa base de coûts,
une gestion fine de son portefeuille de pays et d’équipes,
une meilleure valorisation de l’ensemble de ses solutions auprès des clients.

Malgré les incertitudes, le groupe affirme aborder l’année avec confiance, estimant que les besoins structurels en talents continueront de soutenir la demande à moyen terme.